Samuel Marie-Fanon[1]

 

Le Recensement fédéral de la population en Ingouchie

 

Mission d’observation, 9-16 Octobre 2002,

 

 

Un contexte politique  complexe et tendu

 

République limitrophe de la Tchétchénie (à l’est), l’Ingouchie, devenue souveraine en 1992 suite à la déclaration d’indépendance unilatérale de la Tchétchénie par le président Doudaev en 1991, hérite d’un contexte politique complexe, très lié à la question de la république sécessionniste et des conflits afférents. Depuis le second conflit, qui a debuté à l’automne 1999, cette république a accueilli en grand nombre des déplacés de Tchétchénie, fuyant les hostilités militaires et les nombreuses violations des droits de l’homme perpétrées jusqu'à présent par les parties prenantes au conflit, et documentées par de nombreuses ONG. En outre, le tableau ne sera pas complet, sans mentionner le conflit de 1992 avec la république voisine (a l’ouest) de l’Ossétie du Nord, qui avait pour enjeu territorial essentiel le district de Prigorodni (région d’Ossétie du Nord, peuplée majoritairement d’Ingouches ethniques) et qui s’est soldé par un afflux massif de deplacés ingouches.

 

Ces facteurs conflictuels structurels, avec les déplacements dramatiques de population[2], font de l’Ingouchie une zone d’instabilité chronique aux marches méridionales de la Russie, et une zone stratégique, dont le contrôle est l’une des cartes essentielles de la politique nord caucasienne de l’exécutif russe.

 

Ainsi une lecture du recensement en Ingouchie nécessite la prise en compte de ce contexte régional pathogène – car les enjeux politiques du recensement sont réels pour la petite république, s’articulant autour de la question des déplacés, dont l’existence même témoigne d’une situation politique non normalisée.

 

Malgré ce contexte de tensions politiques structurelles, aggravées par une actualité préoccupante, la préparation du recensement, comme le recensement se sont effectués sans incident majeur. La campagne d’information du public a été satisfaisante (articles dans la presse locale, nombreuses affiches en russe et ingouche, soutien des autorités spirituelles…). D’une manière générale, la couverture médiatique locale relayait les incitations des autorités à se faire recenser et éclaircissait certains points pratiques du processus de recensement, sans toutefois aborder les problèmes suscités par ce recensement, contrairement a certains media fédéraux. Mais les media locaux sont financés ou étroitement contrôlés par les autorités.

 

Quant au contenu du recensement même, les questions de nationalité ou de langue n’ont visiblement pas pose de problèmes particuliers (hormis pour certains groupes ethniques)- et d’après plusieurs témoignages les individus recensés ont répondu de manière assez honnête. La partie socio-économique de l’enquête a pu toutefois être l’objet de dissimulations, selon plusieurs observateurs, par peur que les informations ne soient divulguées a l’inspection fiscale ou même aux groupes criminels specialisés dans le kidnapping crapuleux.

 

 

Des conditions sécuritaires et administratives peu propices au travail d’observation

 

Les conditions sécuritaires d’un séjour en Ingouchie délimitent un champ d’action assez limité, compte tenu des risques endémiques de kidnapping, propre a la région et au contexte. Ainsi jusqu’au dernier moment, la possibilité d’une mission en Ingouchie restait en suspens, étant même déconseillée par un membre russe du projet d’observation du recensement.

 

Il est vrai que les événements précédant le recensement ont aggravé l’insécurité structurelle : en septembre 2002, les troupes du chef de guerre tchétchène Guelaiev ont pénétré en Ingouchie dans la région montagneuse de Galashki, entraînant des combats importants avec les forces fédérales russes stationnées sur site, provoquant le départ sur Moscou d’un grand nombre d’expatriés, travaillant pour les différentes organisations humanitaires actives en Ingouchie.

 

Malgré ces derniers développements, j’ai décidé de maintenir cette mission, néanmoins conscient de l’impossibilité de me rendre dans les régions les plus à risque d’Ingouchie (au sud de la république).

Qui plus est, le travail d’observation que je devais mener a été rendu difficile par l’interdiction qui m’a été signifiée par le Président du Goskomstat ingouche (l’organe étatique organisant sur place le recensement) de suivre, d’interviewer les agent recenseurs, prétextant une instruction fédérale très claire et mentionnant spécifiquement notre projet. Ainsi il ne m’a pas été possible d’obtenir de la part des autorités des informations précises sur la préparation comme sur les problèmes rencontres dans l’organisation du recensement- mon interlocuteur au Goskomstat me faisant comprendre l’omniprésence des organes de sécurité d’Etat surveillant de façon très vigilante et officieuse le processus du recensement.

 

En conséquence j’ai été contraint a un travail d’observation discret avec des objectifs nécessairement plus qualitatifs que quantitatifs, essayant d’aborder a travers des entretiens informels des situations différentes, spécifiques et représentatives des problèmes de l’Ingouchie : individus recensés ou non (IDP, tchétchènes, ingouches) dans différentes localités (camps de déplacés, camps spontanés de déplacés, tchétchènes, ingouches, habitations privées) dans les districts de Nazran, Karaboulak, Sleptsovskaya et Malgobek (en Ingouchie) et dans le district de Prigorodni (en Ossétie du Nord). J’ai également pu prendre l’attache des ONG ou des OIG actives dans le domaine de la protection des déplacés (Mémorial, Vesta, UNHCR).

 

 

Recenser les deplaces, quels enjeux ?

 

 

Dans la période précédant le recensement la méthode de comptage des déplacés adoptée par les autorités n’était pas entièrement claire. Selon l’un des collaborateurs de Vesta, une organisation s’occupant de protection et de conseil juridique pour les déplacés, que j’ai rencontré un mois avant le recensement, les autorités pensaient s’appuyer sur les listes de bénéficiaires de l’aide humanitaire pour comptabiliser les déplacés (ainsi il était question non de recensement mais d’estimation). Il semble que deux à trois semaines avant le recensement, il ait été décidé de recenser la population déplacée selon les mêmes modalités que la population générale.

 

Les autorités avancent le chiffre officiel de 134,000 déplacés en Ingouchie dont 34,000 Ingouches (du district du Prigorodni), soit environ 100,000 tchétchènes, chiffre inférieur aux estimations des Nations Unies qui citent le chiffre de 111,000  déplacés tchétchènes. Parmi ces 34,000 déplacés de nationalité[3] ingouche, 33,000 n’ont pas de ‘propiska’(c’est-à-dire de permis de résidence), le motif étant la volonté des autorités ingouches de voir ces déplacés ‘rentrer’ en Ossétie du Nord, d’où ils sont originaires et d’où ils ont été deplaces suite au conflit de 1992.

 

Pour les deux catégories de déplacés – ingouches et tchetchenes- les enjeux politiques sont différents et varient selon les protagonistes.

 

Les déplacés ingouches en Ossétie du Nord

 

Un grand nombre de déplacés ingouches résidant en Ossétie du Nord dans le district du Prigorodni[4], n’ont pas été recensés par les agent recenseurs ossètes, d’où il transparaît sans doute une manœuvre politique ossète en vue de minimiser la part des ingouches résidant dans la république, qui s’explique par une compétition territoriale accrue sur le district du Prigorodni, entre Ossétie du Nord et l’Ingouchie, héritage du conflit entre les deux républiques de 1992, dont les problèmes  demeurent irrésolus, malgré quelques déclarations d’intentions des exécutifs ingouches et ossètes de parvenir à un accord durable de normalisation des relations entre les deux républiques et de retour significatif des déplacés. 

 

 

Les déplacés tchétchènes 

 

Les déplacés[5] – majoritairement des tchétchènes- sont venus à partir de l’automne 1999 en Ingouchie. Ils sont a l’heure actuelle logés dans trois types d’habitation : les camps ‘officiels’ installés par les autorités compétentes (Emercom et Service fédéral des migrations), les camps dits ‘spontanés’ (usines désaffectées, anciennes fermes, hangars…, que les déplacés ont investi), et le ‘secteur privé’ (les déplacés louent des appartements, ou des chambres ou sont hébergés par des familles ingouches).

 

Depuis leur installation en Ingouchie, les débats extrêmement politiques autour du nombre de déplacés tchétchènes ont toujours été très vifs, car enjeu d’intérêts contradictoires entre différents protagonistes de la crise tchétchène. La volonté fédérale, c’est-à-dire de l’exécutif russe, de minimiser le nombre des déplacés a pour but de démontrer un retour des déplacés, et donc une normalisation de la situation en Tchétchénie. Cette démonstration vise principalement la communauté internationale, dont certaines institutions comme le Conseil de l’Europe ont profondément irrité le Kremlin dans leurs critiques sur la gestion de la crise tchétchène Il faut également citer le référendum de mars 2003, qui aura lieu en Tchétchénie et qui doit consacrer un projet de constitution pour la Tchétchénie. Cette échéance ne sera que plus légitime, si les déplacés sont rentrés en Tchétchénie à cette date et participent au référendum. Toutes ces raisons expliquent que les autorités fédérales ont intérêt a minimiser le nombre de déplacés en Tchétchénie L’administration tchétchène pro-russe partage bien évidemment le même objectif, d’autant plus que plus important sera le nombre de résidents en Tchétchénie, plus cette administration recevra des dotations budgétaires.

 

Toutefois, pour les pouvoirs locaux (présidence ingouche) et les ministères ad hoc, grossir le nombre des déplacés pourraient leur faire bénéficier de dotations budgétaires fédérales en augmentation, l’Ingouchie demeurant l’une des régions les plus pauvres de la Fédération de Russie et donc largement subventionnée par le Centre fédéral. La corruption, comme en Tchétchénie, est une pratique très répandue, comme le détournement d’une partie de l’aide fédérale et de l’aide humanitaire internationale. Ceci dit, avec la nouvelle présidence ingouche de Murat Zyazikov, élu avec l’appui massif du Kremlin, les autorités locales n’ont plus une très grande liberté de manœuvre.

 

La politisation significative du recensement des déplacés tchétchènes se note également dans la perception par ces déplacés du recensement comme acte politique. En effet, les entretiens realisés montrent qu’un nombre non négligeable de déplacés tchétchènes ne se sont pas fait recensés, peut-être jusqu'à 30%- estiment plusieurs ONG locales. Il s’agit la d’un refus de participer au recensement qui s’explique par differents facteurs :

-          positionnement politique indépendantiste, ou contre les autorités fédérales

-           peur de la conscription, de rafles ou d’arrestations pour les jeunes hommes, car crainte que les données du recensement ne soient communiquées aux organes de sécurité,

-           acte de protestation contre l’armée, la ‘puissance occupante’,

Le recensement est alors l’objet d’un acte politique ou d’une crainte, dans une atmosphère de défiance compréhensible vis-à-vis des autorités.

 

Particularités identitaires en Ingouchie : problèmes d’autodéfinition des sous-groupes ethniques et religieux.

 

Si la société ingouche apparaît assez unifiée, très structurée autour d’une identité ethnico culturelle, linguistique et religieuse qui ne pose pas problème, certains segments de la population minoritaires contestent le caractère monolithique de l’identité ingouche, en constituant des sous-groupes ethnico-culturels avec des revendications propres d’émancipation, ce qui se manifeste évidemment lors du recensement, puisqu’il s’agit pour chaque individu de s’auto-definir selon plusieurs déterminants. Or, tous les déterminants (ou faisceaux identitaires) ne sont pas pris en compte dans les formulations des enquêtes.

Deux entités sont à cet égard concernées :

 

-          la communauté religieuse soufie des ‘Batal Hadji’, communauté ésotérique fondée a la fin du 19eme siècle en Ingouchie, dont les membres revendiquent une identité religieuse très forte, surpassant les déterminants ethniques (ethnie ingouche). Leur nombre exact reste inconnu, mais est estimé à 10,000 personnes, représentant une part non négligeable de la population ingouche. Des négociations ont été menées jusqu’au début du recensement entre le Président du Goskomstat et les leaders communautaires, et ont abouti in fine à l’acceptation de se faire recenser comme ‘ingouche’- dans la catégorie ‘nationalité’. Ceci dit, -selon certains témoignages- des membres de cette communauté ont refusé cette classification, et se seraient inscrits sous la catégorie ‘autres nationalités’, ce qui marque une revendication identitaire forte.

La question des ‘Batal Hadji’ pose de manière plus globale le problème de la reconnaissance de la religion, omise par les autorités dans le recensement. Or, comme pour d’autres groupes ethniques, le déterminant religieux peut être central comme élément de mobilisation identitaire, dans un contexte d’identités ou de vécus identitaires en crise. Les phénomènes récents d’escapisme religieux ou de radicalisation des pratiques religieuses, tant stigmatisés par les autorités, en témoignent et sont une des composantes du conflit tchétchène, sans être pour autant une cause essentielle. Mais cela mérite une analyse à part – que le present texte ne prétend pas entreprendre.

 

-          Le groupe des ‘Mialkhi’,qui n’est pas un ‘teipe’ (clan)[6] à proprement dit, mais un ‘Kotoume’ (regroupement de plusieurs ‘teipes’), dont les membres résident dans la région frontalière entre l’Ingouchie et la Tchétchénie (le district de Sounja), et qui parlent une langue propre, constituée a partir d’apports du tchétchène et de l’ingouche[7], ont demandé – sans succès - que leur ‘nationalité’ soit reconnue comme distincte des nationalités ingouche et tchétchène Les Mialkhi avaient revendiqué d’être consideres comme une nationalité propre, exigeant durant les dernières annees du regime soviétique que ‘Mialkhi’ figurent au nombre des nationalités inscrivables sur le passeport comme il était d’usage a l’époque. Lors du recensement, les ‘Mialkhi’- devant l’absence de catégorie propre- ont dû se définir par défaut soit comme tchétchène ou ingouche, choix qui s’est opéré en général selon le lieu de résidence, les Mialkhi résidant en Ingouchie s’étant déclarés comme ingouches.

 

Ces deux éléments– et donc le recensement- renvoie donc une carte faussée ou simplifiée des identités et peut aboutir a une mobilisation politique, au sens ou le recensement est aussi le moment ou peuvent se dévoiler non seulement les stratégies politiques des autorités mais aussi –en réaction- celle des individus ou des groupes minoritaires.

 

Bilan du recensement : irrégularités sur la forme et résultats a priori contestés

 

Les observations spontanées et officieuses que j’ai pu faire dans différentes localités et auprès de differents types de population, comme les témoignages recueillis, font état d’un grand nombre d’irrégularités ou d’infractions a la loi sur le recensement. A titre d’exemple on peut citer :

-          des agent recenseurs exigeant de voir les documents d’identités des déplacés

-          des agents recenseurs ne posant que les questions ayant trait a l’état civil

-          des agent recenseurs copiant sur un cahier et non sur les enquêtes ad hoc les réponses des personnes recensées

 

Ces irrégularités semblent témoigner plus d’un manque de moyens (formation déficiente, manque d’agents recenseurs, désir des agents recenseurs de finir au plus vite leur quota d’enquêtes), que d’une volonté politique des autorités.  A signaler que les agents recenseurs étaient soit ingouches soit tchétchènes, ces derniers recensant majoritairement la population tchétchène déplacée- ce qui est un point assez positif à signaler, puisque cela réduit les risques d’incompréhension linguistique lors du recensement et les possibles stigmatisations d’une population, malgré tout bien tolérée par la population d’accueil.

 

Ces irrégularités très fréquentes contestent d’une part le caractère déclaratif et volontaire du recensement (puisque souvent les agents recenseurs se sont contentés de recopier les données individuelles figurant sur les documents d’identité) et prédisent une part d’erreurs, difficiles à estimer cependant.

 

Toutefois, et ce dernier point est peut-être le plus inquiétant, certains hauts fonctionnaires ingouches m’ont dit – sous le couvert de l’anonymat- que les résultats du recensement pouvaient avoir été déjà décidés en haut lieu avant même le recensement, faisant écho aux suspicions extrêmes qui pèsent sur les résultats partiels du recensement en Tchétchénie communiques dans la presse.

 

Sans valider l’hypothèse radicale de résultats truqués et a priori déterminés, il faut sans doute s’attendre a des corrections importantes des chiffres bruts, dont le caractère de “ secret d’Etat ” m’a été signifié par des interlocuteurs officiels. En réalité, les résultats du recensement en Ingouchie ont des implications politiques et économiques si sensibles pour les autorités locales et fédérales, qu’ils ne peuvent être laissés au seul arbitre des statisticiens

 

Le recensement en Ingouchie –dans un sujet de la Fédération qui souffre d’une crise chronique et de facteurs d’instabilité ravivés par sa proximité géographique, culturelle et ethnique avec la Tchétchénie - impose en définitive un questionnement plus politique que ne révèle des tensions ethniques.



[1] Médecins du monde, coordinateur régional au Caucas du Nord. samfanon@hotmail.com

[2] A cet égard, il faut souligner le poids économique et politique des deplacés qui représentent plus d’un quart de la population résidant en Ingouchie (312,000 résidents ‘permanents’ et 134,000 déplacés).

 

 

[3]  La notion de ‘nationalité’ en russe renvoie à l’appartenance ethnique et non à l’appartenance étatique (citoyenneté). Dans le texte présent, le terme est employé dans son acception russe. 

 

[4] Selon le Service Fédéral des Migrations (FMS) ingouche, on dénombrait 60,000 personnes de nationalité ingouche en Ossétie du Nord (majoritairement localisées dans le district du Prigorodni). 12,000 sont restées après le conflit de 1992, 48,000 ont été ‘rapatriées’ ces dernières années, sans pour autant récupérer leur habitation.

 

[5] J’emploie volontairement le terme de ‘déplacés’, bien que le terme de ‘réfugiés’ soit plus répandu dans la presse russe et le langage commun. Ceci dit le droit international (et la loi russe) qualifie de ‘refugiés’ les personnes forcées de quitter leur pays de résidence pour gagner un autre pays. Dans le cas présent, puisqu’il n’y a pas eu de franchissement de frontière étatique, il convient de parler de ‘déplacés’. 

[6] Les sociétés tchétchène comme ingouche sont construites autour de la notion de ‘teipe’, qui peut regrouper plusieurs milliers de familles. Les ‘teipes’ se constituent autour d’une histoire commune, connue des membres, et transmises aux jeunes générations, et autour d’un territoire ou lieu d’origine. Dans le code de conduite très stricte de ces deux sociétés, chaque membre est tenu de faire respecter l’honneur de son ‘teipe’ et d’obéir aux recommandations et aux lois coutumières établies par les ainés. Cette institution sociale propre a su résister et s’adapter a l’ordre soviétiques, a connu un regain de légitimité lors de l’indépendance de facto de la Tchétchénie entre 1997 et 1999 et demeure encore aujourd’hui un déterminant primordial très vivace dans les processus d’individuation et dans les pratiques sociales, régissant ou influant la vie personnelle, familiale, communautaire et politique des individus. C’est en quelque sorte l’un des substrats fondamentaux qui font l’identité tchétchène et ingouche.  

[7] Si les deux langues ont une grande proximité, des particularités du corpus lexical et l’accent les différencient et font que tchétchènes et ingouches se comprennent, mais se reconnaissent tout de suite comme étant locuteur tchétchène ou ingouche.